Vendredi 31 juillet 2009
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18:20
Un beau jour de 1999, je reçois un coup de fil d’une amie productrice, Annick Larboulette (sur la
photo avec "Rodgeur"), qui est à Monaco. Elle doit tourner le surlendemain des séquences d’une nouvelle série américaine « THE DREAM TEAM » et la réalisatrice française prévue pour le job est
partie. Pouvais-je la remplacer au pied-levé, partir dans l’heure, sans même savoir de quoi il retournait ? Une semaine de tournage était sur le point
de démarrer… Bien évidemment, j’acceptai, vu que je devais diriger rien moins que… Roger Moore !
La série était en fait une sorte de « DRÔLES DE DAMES » revisitée, avec trois héroïnes top
models-espionnes (déjà, ça le fait…) et Moore dans le rôle de Desmond Heath, leur « Charlie ». À part que lui, on ne faisait pas qu’entendre sa voix, on le voyait à travers
l’écran d’un ordinateur.
J’étais donc supposé enchaîner les séquences concernant ce personnage et uniquement lui, pour les
douze premiers épisodes, pendant que le gros du tournage se déroulait au Mexique.
La première bonne surprise, fut que le directeur photo engagé par la production était le grand
Ricardo Aronovich, dont j’adorais le travail particulièrement sur « L’IMPORTANT C'EST D’AIMER », un de mes
films-culte.
Il y avait des tartines de texte à enquiller et par définition, personne pour donner la réplique.
Aussi fit-on venir de Londres un prompteur avec la technicienne attitrée, la très pétulante Siobhan.
Côté mise en scène, c'était rudimentaire : il s’agissait de filmer Roger Moore assis en train de
parler à la caméra. Et comme ne cessait de me le répéter Bob Janes, le producteur américain délégué sur le tournage : « Just keep it simple », sans doute effrayé que je me
mette à faire du « film d’auteur à la Française », « French didactic bullshit », comme ils disent aimablement…
Roger lui-même se révéla un gentleman charmant, très urbain, faisant son travail sans râler, sans
poser de question, content d’être là.
N’ayant jamais été un fan de son 007, je ne ressentais pas la même excitation qu’en dirigeant une
idole de mon enfance comme Robert Vaughn, par exemple, mais cela faisait tout de même quelque chose de le voir débarquer le matin en smoking, le sourcil levé, sur le plateau. La semaine se passa
fort bien, sans être palpitante (« Keep it simple ») et on remit cela quelque temps plus tard, pour une autre série d’épisodes.
Je n’ai jamais vu les rushes de ce que nous avons tourné, je ne sais pas ce que sont devenus ces
épisodes… Ces deux semaines de « mise en boîte » (plutôt que de tournage) me laissent une sensation de rêve éveillé, presque irréelle.
Roger Moore a depuis écrit ses mémoires et mentionne brièvement « THE DREAM TEAM ». La seule
chose qu'il en ait apparemment retenu, c'est que sa femme est tombée devant son hôtel, se faisant très mal, pendant qu’on tournait et qu'il en a été traumatisé !
Moi, en me concentrant bien, je crois me souvenir surtout du plaisir de la compagnie de M. Aronovich
et de son humour pince-sans-rire. Et d’un déjeuner surréaliste à bord d’un yacht, avec Brett Sinclair qui parlait avec passion du prix de l’immobilier à Monte Carlo.
Rodgeur en grande discussion avec Bob Janes, le producteur américain de la série, à Monte
Carlo.
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