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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 14:50

À mes débuts, j’avais écrit « LUNE DE MIEL » pour les productions Hugo films, de Xavier Gélin. Quand celui-ci fut nommé à la tête de la maison de distribution AAA, il décida de monter un scénario que je lui avais soumis : « MISTER FROST », une histoire fantastique, entre psychanalyse et démonologie, que je tenais absolument à tourner en Anglais, pour une question de crédibilité. Nous partîmes ensemble pour L.A., où le scénario fut généralement bien accueilli, et on se mit en quête de comédiens.

Jeff Goldblum – dont je rêvais déjà pour « LUNE DE MIEL » - accepta rapidement, et son agence ICM fit un « package », en nous proposant Alan Bates, pour mon plus grand bonheur et Kathy Baker, que je ne connaissais pas.

« MISTER FROST » fut extrêmement compliqué à monter, c'était une copro anglo-franco-américaine, tournée aux environs de Paris. Autour des vedettes anglo-saxonnes, le cast se composait de Jean-Pierre Cassel, Roland Giraud, Maxime Leroux, Daniel Gélin, Philippe Polet, François Négret, des petites apparitions de Catherine Allégret, Charley Boorman et du grand second rôle U.S. Vincent Schiavelli de passage à Paris.

Parmi les techniciens, Xavier enrôla rien moins que Ray Lovejoy, le monteur de Kubrick et du premier « BATMAN » de Tim Burton.

Ce fut un tournage exténuant, où beaucoup de choses furent « lost in translation », entre producteurs, agents, "personal managers", avocats, etc.
Le travail avec Goldblum fut passionnant, intense et instructif, et il s’ajusta très bien à nos façons de travailler, et à nos « petites » équipes. Il tourna d'ailleurs plusieurs autres films en Europe, par la suite.

Le film ne fut pas un gros succès en salles, mais reçut de bonnes critiques dans l’ensemble, et s’est acquis une sorte de « culte » aux U.S.A. (voir IMDB), même s’il est projeté là-bas dans un re-montage discutable.

Une sacrée aventure, en tout cas…
 Mister Frost dans une séquence de cauchemar de sa psy, à qui il vient de fracasser la tête contre le miroir...

Jeff, Face à la croix de néon, servant à lui donner par un effet de reflet, un regard démoniaque.

Kathy Baker possédée par le Diable, enfermé dans sa cellule capitonnée.

Le jour où Alan Bates arriva sur le tournage, Jeff lui fit signer un autographe !

Répétition, sous le regard des producteurs français et U.S.

Kathy Baker, dans le rôle de Sarah Day, la psy trop inexpérimentée pour affronter le Mal.

Jeff et Alan Bates répètent une séquence de flash-back, dans une prison.

L'acteur de "La Mouche" et celui de "3 hommes et un couffin" : les hasards du casting.
 
Une des photos d'exploitation choisies par AAA, pour la sortie du film, en 1990.

Autre photo, directement tirée du film, et qui servit pour l'affiche anglaise.


Alan Bates et Daniel Gélin, qui joue le père de sa femme défunte.

Une photo qui servit beaucoup dans la presse, et pour certaines affiches étrangères.


François Négret traqué par les témoins d'un de ses meurtres.

Jeff Goldblum dans sa cellule capitonnée, et en plein dans son personnage...

Maxime Leroux, littéralement possédé par le Diable, s'attaque à Kathy Baker.

Alan Bates, un des grands acteurs anglais de sa génération : la classe.

Bates et Kathy Baker, sur la tombe de la femme défunte du policier.


Papier dans la revue devenue "culte" depuis : "STARFIX".

Critique dans "L'ECRAN FANTASTIQUE".



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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 18:22

Après « FABIO MONTALE », Jean-Pierre Guérin me proposa d’écrire un remake de « DU RIFIFI CHEZ LES HOMMES » de Jules Dassin. Je vis le film, et le trouvai tellement ancré dans son époque, qu’une adaptation reviendrait à pratiquement oublier le matériau d’origine, pour aller vers tout à fait autre chose. Alors le producteur me demanda s’il existait un roman que j’aimerais adapter, ou si j’avais une autre idée de remake.

En fait, depuis des années, me trottait dans la tête l’envie d’écrire une nouvelle adaptation de « LA HORSE » une série noire de Michel Lembesc, déjà tournée par Pierre Granier-Deferre avec Gabin. J’aimais beaucoup le film, et l’adaptation de Pascal Jardin était – à la relecture – des plus judicieuses. Seulement, il y avait quelque chose dans ce scénario, qui n’était volontairement pas exploité, et que j’avais toujours rêvé de voir développer : les relations entre le grand-père paysan, un taiseux intransigeant, et son petit-fils, une frappe amorale, trempant dans un trafic de drogue. Dans le film original, les deux hommes ne partageaient que quelques scènes. Je pensais qu'il serait bien de faire de leur rapport, le cœur de cette nouvelle version. Jean-Pierre fut emballé, et défendit le projet bec et ongles, malgré des réticences de la chaîne quant à sa crédibilité dans le monde d'aujourd'hui.

Pierre Mondy fut contacté pour incarner Joseph Maroyeur (je changeai le prénom d’Auguste, trop réminiscent de Gabin). Il avait tourné avec Jean Gabin, avait l’âge du rôle, et l’envie de sortir de son personnage de série. Dans ses mémoires, Mondy laisse entendre qu'il a trouvé là son meilleur rôle, et je suis assez d'accord avec lui. Il est exceptionnel dans « JOSEPH » (titre définitif). C'est Marc Angelo, avec qui j’avais déjà travaillé sur « POUR UNE VIE OU DEUX » qui réalisa le film au Portugal. Autour de Mondy, il réunit Cyril Descours, Micky Sebastian, Renaud Marx, Jo Prestia et la jeune Audrey Lunati, qui m’impressionna assez pour que je la garde dans un coin de ma tête, afin d’en faire la vedette de la série « GRECO » un an plus tard.

« JOSEPH » ressemble à ce que nous rêvions qu'il soit, et n’a finalement que peu de rapport avec le film de Gabin.

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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 10:15

Je n’avais pas approché une caméra depuis quelques années, depuis « CHUT ! » pour être précis, qui était un tournage un peu spécial. Après de nombreux projets aboutis avec les productions PM, comme scénariste (« FRANK RIVA », « LE JUGE »), France 2 nous commanda une série de l’été. J’en écrivis le synopsis avec Isabel Sebastian, puis la chaîne changea d’avis, et de cinq, le format passa à deux épisodes. Plus de trois heures de film malgré tout. En écrivant le scénario de « ANGE DE FEU », je retrouvai l’envie de tourner, et proposai à mes producteurs Odile McDonald et Alain Pancrazi, de réaliser moi-même la minisérie.

L’expérience fut formidable de bout en bout, et « ANGE DE FEU » demeure mon film préféré. Autour de Frédéric Diefenthal, qui endossa courageusement un rôle d’antihéros odieux et cassant, je réunis avec la casting director Bénédicte Guiho, les jeunes Louise Monot, Aurore Auteuil, Bénédicte Loyen et Marc Ruchmann, et un cast de seconds rôles extraordinaire, que des « pointures » : Marie-Christine Barrault, Gérard Desarthe, Jean-Michel Dupuis, Joël Demarty, Anne Canovas, Marc Berman, plus mon équipe habituelle : Maxime Leroux (qui trouva là son rôle favori), Philippe Polet, Hervé Laudière, Véronique Prune, Pierre-Olivier Scotto, etc. Une des plus belles distributions que j'aie jamais réunies.

Je fis aussi une belle rencontre avec la chef-op Chicca Ungaro, qui signa une lumière somptueuse, tout en contrejours « à l’Italienne », et la décoratrice Catherine Bluwal, qui créa de toutes pièces la maison de l’héroïne, et travailla si bien, qu’on ne fait aucune différence entre ce que nous avons tourné en Dordogne et autour de Paris.

Pour couronner le tout, les deux parties firent un très beau score d’audience, lors de leur première diffusion sur France 2.

Patrick Floersheim, Joël Demarty et Maxime Leroux : scène de chasse en Dordogne.
Chicca Ungaro prépare le cadre pour l'incendie d'une voiture, avec Jacques Pozzallo l'assistant, au volant.
Gérard Desarthe et Maxime Leroux, incarnant des ordures magnifiques.
Voiture-travelling : dans le véhicule, Jean-Michel Dupuis, Louise Monot et Marc Ruchmann.
Maxime, Véronique Prune, Aurore Auteuil et Eric Defosse, au restau le soir, en Dordogne.
Joël, Louise et Chicca, sur la place du village de Domme, rebaptisé Castelnac dans le film.
Marie-Christine Barrault, hantée par le passé. Elle a donné une dimension de tragédie à un rôle apparemment simple.
Crise de nerfs lors d'une exhumation à l'aube : Nanou Garcia et le gendarme Eric Defosse.
Courtal, le flic revanchard, harcèle Lola. Un plan au "split-focus", dans le bureau en désordre du policier.







Le flic s'en prend brutalement à Marie-Christine Barrault, qu'il accuse d'avoir gâché sa vie.

Courtal retrouve Bénédicte Loyen (Patricia), qui fut son amour de jeunesse.

Tournage à Domme, avec Louise Monot et son père dans le film, Jean-Michel Dupuis.

Lola et son père sur la tombe de Françoise, qui s'est suicidée en recevant un étrange courrier.
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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 08:54

Je n’ai jamais revu « CROSS », mon premier film, tourné en 1986, je ne sais donc pas comment il a vieilli. En consultant mes archives, je me suis aperçu avec surprise, que malgré sa mauvaise réputation (noté 3,9/10 sur IMDB : pas terrible !), il avait reçu d’excellentes critiques dans la presse écrite de l’époque.

J’imagine que, comme la plupart des polars français des années 80, il a dû prendre un méchant coup de vieux, mais ce fut une initiation « à la dure », pour le jeune scénariste que j’étais : budget minuscule, tournage au Portugal alors peu habitué aux copros, équipe hétéroclite sans la moindre cohésion, un chanteur populaire en vedette, des acteurs de comédie à contremploi, et dans le rôle du méchant, un comédien habitué à Rohmer et Wenders ! On ne peut pas dire que je m’étais facilité la tâche. Et elle ne fut pas facile. D'ailleurs, par la suite, tous les tournages me parurent aisés.

Tout cela commence évidemment à dater, mais je me souviens tout de même que ma seule ambition alors, était de faire une série B à l’Américaine – le film est d'ailleurs dédié à Roger Corman – et de tout axer sur le visuel et l’action. Une démarche pas si courante, à l’époque.

Sur ce film se sont forgées des amitiés qui durent encore aujourd'hui, quelques inimitiés aussi, et si ce n’est pas exactement ce qu’on peut appeler un bon souvenir, cela demeure une expérience rude, mais certainement bénéfique. Restent en tout cas, quelques images et souvenirs, et tant pis si le film a toujours mauvaise presse, lors de ses diffusions sur le câble, ou dans les commentaires sur Internet… Nobody's perfect, comme disait le milliardaire à Daphné.

Roland Giraud en tueur, Michel Sardou en flic dont la famille est kidnappée. Du vrai contremploi...
Patrick Bauchau et Maxime Leroux, un des fous avec lesquels il s'est évadé d'HP. A l'arrière-plan, Marie-Anne Chazel et sa (vraie) mère Louba Guertchikoff.
Combat clandestin dans les bas-fonds. Une des scènes les plus dingues du film.
Photo dédicacée par Gérard Zalcberg, Maxime Leroux, Arnold Boiseau et Philippe Polet, qui jouaient "les fous". Sacré Dream Team...
Roland et ses outils de travail, entre deux prises.
Sardou jette un oeil à la caméra, pour évaluer la longue focale.
Duel final, façon OK Corral, pour Cross-Sardou et Bauchau, dans un hôtel dévasté à Estoril.
Maxime et Marie-Anne Chazel : ce n'est pas une scène d'amour, contrairement aux apparences...
Recommandations de Françoise, la scripte, juste avant la prise.
Patrick Bauchau, qui émigrera aux U.S.A. pour tourner films et séries TV.

Une des photos du jeu d'exploitation du film, lors de sa sortie en 1987.

Hommage à Sergio Leone : le kidnappeur masqué est Antoine St.-John, le méchant colonel de "IL ETAIT UNE FOIS... LA REVOLUTION".

La (bonne) critique parue dans le magazine "PREMIERE", à la sortie en '87.
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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 21:10

De tous les films que j'aie tournés dans ma carrière, seulement deux ont été écrits par d’autres que moi-même. À chaque fois parce que je venais de travailler avec les producteurs, qu'ils m’avaient sous la main et qu'ils cherchaient justement un réalisateur pour partir à l’Étranger du jour au lendemain. Fut un temps où le goût de l'aventure était pour moi une motivation suffisante !

 

André Djaoui, le producteur de « CROSS » après une brève fâcherie consécutive à l’échec commercial du film, me rappela pour me proposer un polar écrit par Tito Topin : « TANGO BAR », une copro entre TF1 et la RAI Uno. C'est la première fois que je tournais quelque chose dont je n’étais pas l’auteur.

Le tournage devait à nouveau s’effectuer au Portugal, et je pris à cœur que tout se passe parfaitement bien, pour faire oublier les difficultés de mon premier film là-bas.

Je proposai le rôle principal à Bruno Cremer, qui était chez le même agent que moi. Nous nous étions croisés quelques fois, et nous avions le don de nous faire rire mutuellement. Je pense que c'est pour cela qu'il accepta le film. Ce fut une des collaborations les plus joyeuses que j'aie eue avec un comédien. Autour de lui, je réunis les jeunes Corinne Touzet et Thierry Redler, Philippe Polet, Maurice Barrier, la future réalisatrice Fabienne Berthaud, Maaike Jansen l’épouse de Roland Giraud et formidable actrice. Comme il fallait trois comédiens italiens, je choisis « sur catalogue » Venantino Venantini à cause des films de Lautner et Oury, Gabriele Tinti et Antonella Lualdi, sans savoir à quoi ils pouvaient ressembler aujourd'hui. Je n’eus que de bonnes surprises.

Dominique Brenguier fit une lumière très « cinoche », et dans une ambiance de liberté euphorique et familiale, nous improvisâmes pas mal, au point qu’en discutant avec Cremer, nous prîmes la décision de faire du flic enquêtant sur le meurtre de son ex-femme, le vrai coupable. Une fin à la « ANGEL HEART », qui ne fut justifiée que par un flash-back ajouté au dernier moment.

« TANGO BAR » était un polar très esthétique, et un des derniers rôles de Cremer avant les « MAIGRET ». Un film étrange, décousu, avec de superbes décors, une belle photo en 35MM, qui fit un carton énorme lors de sa diffusion (n°1 des fictions de l’année 1989, si je me souviens bien).

C'est Roland Giraud qui post-synchronisa Tinti, Serge Sauvion prêta sa voix familière (« COLUMBO ») à Venantino, et Martine Sarcey à Antonella.

Cremer s'énerve contre son suspect n°1, Maurice Barrier déguisé en Japonais, dans son club de strip.
Antonella Lualdi, en indic du flic. Tout le monde nage en eaux troubles...
Maaike Jansen en prostituée dépressive, vieille complice du flic.
Le très regretté Gabriele Tinti est planqué par Antonella, qui craint pour sa vie.
Cremer demande à une inconnue croisée dans un bar, de s'occuper de son fils. Corinne Touzet jouait Marylène.
Répète avec Venantino (on dirait qu'il a une auréole...) et Thierry Redler, dans un bureau de Lisbonne.
Ambiance japonisante complètement délirante, avec Maurice Barrier tout aussi déjanté.
La traditionnelle photo de fin de film, avec l'équipe franco-portugaise.
La confrontation finale : Bruno règle ses comptes.
Gabriele, à l'aise dans cette ambiance très "spaghetti western".

STAN ACHILLE (1)L’autre film dont je n’ai assuré que la réalisation (même si j'ai tout de même mis la main au scénario, on ne se refait pas !) s’appelle « STAN & ACHILLE ».

 Écrit par Pierre-Olivier Scotto et Éric Métayer, c'était une comédie contant l’histoire de deux frères ennemis dont l’un s’était exilé en Argentine, où il était devenu boxeur. L’autre, un petit prof pusillanime débarquait à Buenos Aires pour convaincre ‘Stan’ de divorcer de sa femme que ‘Achille’ comptait épouser.

Produit par les Films du Sabre, avec une équipe entièrement locale, ce fut un film amusant à faire, malgré un budget microscopique et quelques notions « lost in translation » au sein du staff de tournage. On a pas mal improvisé, beaucoup ri, tourné dans de magnifiques paysages westerniens. J'ai surtout pu connaître quelques remarquables acteurs argentins comme Villanueva Cosse célèbre homme de théâtre et Roberto Carnaghi hilarant acteur comique. Laura Novoa, star argentine de « telenovellas » a joué la jeune première.

Très libre dans le ton, le film fut pas mal remonté par les responsables fiction de TF1 de l’époque et fut diffusé deux ans après sa réalisation. Un souvenir doux-amer, disons… Et aujourd'hui un peu flou !

STAN ACHILLE 

 Eric Métayer, Pierre-Olivier Scotto et Laura Novoa voient arriver un avion à la gare de Jujuy, à la frontière bolivienne...

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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 18:10

Après quelques années à enchaîner les scénarios pour les productions Hamster, j'ai eu envie en 1995, de tourner l’un d’eux. Un road movie doux-amer intitulé « RICKY », qui contait la rencontre improbable entre un VRP récemment licencié et un jeune « sauvageon » déterminé à tuer son père, dès qu'il sortira de prison. Le premier prend le second en stop, et va tenter de l’empêcher de commettre l’irréparable. Sur leur chemin, ils rencontrent deux filles : une serveuse complètement à l'Ouest et une jeune prostituée de motel, ainsi qu’un ivrogne batailleur, un maître-chien facho, et le voisin du VRP, qui a carrément pris sa place chez lui.

Je voulais au départ tourner le film avec Maxime Leroux et Matthieu Rozé, mes acteurs-fétiches, mais la production exigea des vedettes plus confirmées, aussi dus-je leur annoncer la mauvaise nouvelle, et contacter Jean-François Stévenin et Guillaume Depardieu.
Le premier fut une rencontre comme je les aime, faite de rires et de complicité. « Stève » est un imitateur-né, et son pastiche de Bébel est irrésistible. Guillaume lui, avait 24 ans, sortait de prison, et voulait « se refaire ». Je mentirais en disant qu'il fut d’une collaboration facile et confortable, mais ce qu'il donna de lui-même au personnage de Ricky n’a pas de prix. Dans sa bouche, certaines répliques font carrément mal (« Ma vie, elle était bousillée depuis le début »). Je crois qu’aujourd'hui, j’aurais beaucoup de mal à revoir « RICKY ».

Pour les rôles féminins, je rappelai Lola Gans qui apporta énormément de fraîcheur au personnage de la prostituée, et Elisabeth Vitali – pour qui j’avais écris plusieurs films dont « LES GRENADINES » et « L’EX », remplaça au pied-levé Véronique Prune, qui avait eu un empêchement d’emploi du temps. Sa Clothilde abrutie de travail et sans espoir, fut exceptionnelle. Puis, copro suisse oblige, nous eûmes le plaisir d’avoir le regretté Roland Amstutz, et Jean-Luc Bideau hénaurme, en client de la pute, ainsi que Jean-Pierre Malo, qui incarna le voisin « bernard-l’ermite » de façon extraordinaire.

Nous avons tourné « RICKY » en équipe ultra-légère, pratiquement tout en lumières naturelles, sans projecteurs, sans travellings, et c'est un excellent souvenir.

Je sais que ce tournage a donné envie à Stévenin de redevenir réalisateur, ce dont je suis très fier, et il fait souvent projeter « RICKY » dans les festivals où il est invité. Il aimait beaucoup Guillaume et tourna à nouveau avec lui, dans un film de Pierre Salvadori.

Guillaume et Stévenin discutent, pendant que l'hélico suisse se prépare à décoller, pour quelques plans de route aériens.
Stévenin et sa chienne Labrador Caramel, qui tient un rôle important dans le film, au côté de son maître.
Rencontre au bord d'une route avec une serveuse paumée, jouée par Elisabeth Vitali.Face à face inopiné entre Guillaume et un tigre, pendant le tournage de la fin du film, dans un zoo du Valais.
Petit matin blême, dans un motel sordide, au bord d'une route. Le VRP et la prostituée ont été largués par Ricky, parti sans dire au-revoir. Stévenin et Lola Gans.
Elisabeth et Lola dans la séquence finale au zoo, prêtes à partir pour l'Australie.
Tournage de plans "oniriques" filmés au ralenti, pour le générique-début.
Traditionnelle photo "de fin de film". Nous n'étions vraiment pas nombreux !

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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 08:23

Le sixième et dernier épisode de « GRECO », « PETITE JULIE » aurait dû être le dernier de la 1ère saison, mais prudemment, et au cas où, je me suis débrouillé pour qu'il puisse également boucler ce qui sera finalement une minisérie de six films. C'est mon épisode préféré avec « FILLE DE QUELQU’UN », et le choix de la petite Soizic Deffin, dans le rôle du fantôme de la fillette y est pour beaucoup. À la fois étrange, touchante et terrifiante, elle s’est bien amusée à faire le « regard en dessous » dans lequel un effet spécial a fait passer un nuage noir (photo).

Également dans « PETITE JULIE » : Pascal Elso, que je ne connaissais pas, mais qui nous a tous épatés dans un rôle de taxi obsédé par le passé. Puis Philippe Polet en artiste jamais complètement remis d’un traumatisme d’enfance, Stéphane Guérin-Tillié dans un contremploi de brute épaisse rattrapé par ses péchés d’enfance. Un trio complètement évident et parfaitement crédible en anciens amis d’école, malgré leur différence d’âges.

Nous avons aussi eu le plaisir d’avoir Véronique Prune avec qui je tournais pour la 3ème fois. Sur la grande photo murale, on reconnaît Margot Abascal, qui incarne la femme de Greco qui l’a quitté trois ans plus tôt. Un rôle « virtuel » pour lequel Margot est tout de même passée quelques heures sur le tournage, pour un plan saisissant, à la fin de l’épisode. Et donc de la série…

Un film singulier, presque sans enquête à proprement parler, mais qui va rôder du côté des amours de jeunesse, et des plaies jamais cicatrisées.
 

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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 08:17

L’épisode 5 de « GRECO », « MON ASSASSIN » est le plus franchement « polar » de la série, avec une enquête traditionnelle, un « whodunit » avec recherche d’assassin, fausses pistes, coups de théâtre, etc.

Nous avons reçu de nombreux « invités » dans ce film : Audrey Fleurot (l’avocate de « ENGRENAGES ») dans un personnage glacial et dur comme du silex, comme elle sait si bien les jouer. À ses côtés, Catherine Marchal que je connaissais depuis longtemps, mais avec qui je n’avais jamais travaillé. Une grande « pro » qui a donné un peu d’émotion à un rôle impitoyable. Thomas Cerisola, que j’avais rencontré – parmi bien d’autres – pour le rôle-titre de la série, est venu camper le mari trompé. Franck Pitiot, le Perceval de « KAAMELOTT » apparaît dans une seule séquence, dans un rôle de flic incompétent, en arrêt-maladie, qui renseigne nos héros sur la mort de la vieille dame. Une vraie personnalité. Mon vieux copain Pierre-Olivier Scotto, que j’avais connu sur un tournage en Argentine, n’a fait que passer, en avocat cynique. Thérèse Roussel fut un fantôme particulièrement agressif (ici le plan où elle « passe » littéralement à travers Greco).

Et, last but not least, une comédienne avec laquelle je voulais absolument travailler depuis longtemps : Catherine Salviat (photo du haut), surtout connu au théâtre, mais qui donne ici une belle dimension à ce personnage de fausse-vraie coupable à moitié illuminée. Dans sa première apparition en prison, par sa façon de marcher, ses vêtements, son expression, on aurait dit Jeanne au bûcher.

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 21:00

Les productions Fechner, s’inspirant de la série américaine « ALFRED HITCHCOCK PRÉSENTE », ont monté à la fin des années 80, une « anthologie » du film à suspense, présentée par Claude Chabrol, qui apparaissait en hôte dans tous les épisodes. Ceux-ci faisaient 26 minutes et devaient comporter une « chute ». Christian Fechner contacta à peu près tous les jeunes réalisateurs qui avaient tourné leur premier ou second film dans l’année, et leur proposa de participer à l’aventure.

Je repris une histoire que j’avais publiée en BD quelques années plus tôt, l’adaptai en film. « BLACK MÉLO » raconte les retrouvailles d’un tueur à gages dépressif (Roland Giraud) et de l’ex-femme de sa vie (Candice Patou), qu'il est chargé de tuer. Celle-ci ne passera effectivement pas la nuit, mais le pauvre tueur n’y sera pour rien. J'ai retrouvé Michel Peyrelon, qui jouait dans mon premier court-métrage, pour faire un pastiche du « PARRAIN », et il s’y montra très drôle. Maxime Leroux incarnait Noël, le neveu du mafioso, sorte d’odieux « bobo » en loden, se rongeant les ongles.

Un tournage rapide, une ambiance un peu tendue avec l’équipe technique (une fois n’est pas coutume), mais un petit film amusant et sans prétention.

La série « SUEURS FROIDES » est récemment sortie en DVD, dans son intégrale. L’image – 16MM oblige ! – n’est pas des plus fraîches, mais ça vaut tout de même le coup d’œil, d’autant qu'il y avait beaucoup de « guests » intéressantes.

À noter que dans « BLACK MÉLO », j’avais déguisé Chabrol avec le costume de Spirou. À voir absolument !


Roland Giraud se concentre, Maxime Leroux est consterné, juste avant le "moteur" de la dernière séquence du film.
Michel Peyrelon, grand second rôle du cinéma français trop tôt disparu, s'amuse avec son "neveu".
Répétition avec Candice Patou, pour la séquence de la piscine.
Roland Giraud heureux de tourner, comme toujours...
Chabrol apparaît dans l'intro et l'épilogue du téléfilm, ici en barman déguisé en groom, complètement bourré. Grand moment...
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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 19:30

À la fin des années 80, le producteur Christian Fechner voulut remettre Eddie Constantine sur le devant de la scène. Fan de l’acteur de « LEMMY CAUTION » dans sa jeunesse, Fechner désirait lui « offrir » une série télé.

Content de notre collaboration sur « SUEURS FROIDES », il me demande de concocter un scénario qui marquerait le retour de Constantine dans le rôle qui fit sa gloire dans les années 60 : l’agent américain Lemmy Caution. Je me fis donc projeter ses plus grands succès, qui avaient évidemment terriblement vieilli, et cherchai un concept.

Cela donna « LEMMY, COME BACK », une comédie policière amusante, où Lemmy sortait de sa retraite sur une île paradisiaque, pour venger un vieux copain assassiné à Paris. C'est Josée Dayan qui tourna le film, avec Corinne Touzet, Thierry Redler, Philippe Polet, André Pousse, Alexandra Stewart.

J’écrivis encore plusieurs scénarios, mais la série ne vit pas le jour.

Sur cette photo, je tourne le générique du téléfilm, à la façon « CHAPEAU MELON ET BOTTES DE CUIR », avec Eddie, une cigarette et une « p’tite pépée ». Une matinée de tournage, avec l’équipe du film que j’avais
récupérée, le temps de tourner quelques plans esthétisants à souhait…


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  • : Le blog du scénariste-réalisateur Philippe Setbon, auteur de films, téléfilms et séries telles que "FABIO MONTALE", "LES ENQUÊTES D'ELOÏSE ROME", "GRECO", etc.
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