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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 14:07

Il nous a quittés en plein festival de la fiction à La Rochelle.

La nouvelle a frappé tout le monde en plein cœur. Je n’ai jamais rencontré personne qui n’aimait pas Pierre Mondy. Jamais, pas une seule fois. La seule évocation de son nom provoquait systématiquement un sourire affectueux, ému, respectueux.

J'ai eu la chance de le rencontrer quelques fois, à l’époque de « JOSEPH », le téléfilm de Marc Angelo, que j’avais écrit pour les productions GMT, à l’instigation de Jean-Pierre Guérin. C'était inspiré du même roman que « LA HORSE », le classique de Gabin. C'était un monsieur extrêmement présent, l’œil rieur, débordant de souvenirs et d’anecdotes, dégageant une vraie chaleur humaine. Rien ne semblait trafiqué, chez lui.

MONDY

Alors en plein dans sa longue série pour TF1, « Pierrot » n’avait pas semblé un choix immédiatement évident pour ce rôle de « JOSEPH », paysan rugueux, taiseux et massif. Mais il en a fait quelque chose d’exceptionnel. Et lui-même m’avait dit qu'il était particulièrement fier de son travail et considérait que c'était un de ses meilleurs rôles.

On avait failli se retrouver une ou deux fois sur des projets en commun, mais rien n’avait abouti. Et c'est bien triste…

Samedi soir, à La Rochelle, Bruno Madinier qui fut son fils pendant dix ans à la télé, a fait un joli discours sur lui, alors qu’un gros-plan de Pierre était projeté sur un écran géant. Il a fallu quelques minutes pour que la bonne humeur revienne…

 

Adieu, Pierre. Et merci pour tout.

 

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 14:41

Un rapide bonjour aux visiteurs du blog. Je n’ai hélas, pas vraiment le temps d’être très présent (comme le prouve la date du dernier ‘post’ !), à cause d’un afflux particulièrement intense de travail : corrections de mon nouveau roman, à paraître en mars prochain aux éditions Buchet-Chastel, un scénario de polar psychologique pour les productions Panama et un gros chantier : la mise en route d’une possible série destinée à France Télévision.

Sans même parler d’une idée qui se dessine pour retrouver Sylvie Testud, avec qui j'ai tourné « LES MAINS DE ROXANA » cet hiver, avec un grand bonheur.

 

L’autre jour, je suis tombé sur une interview de Samuel Fuller à la télé, ce qui m’a ramené 25 ans en arrière, le temps d’un souvenir ressurgi du passé et que j’avais totalement oublié.

C'était en 1988, j’étais au Portugal pour faire les repérages du téléfilm « TANGO BAR ». Je visitais pas mal de vieilles bâtisses abandonnées, à FULLER-001moitié en ruines, comme on en trouvait alors beaucoup aux environs de Lisbonne. Avec mes assistants, nous passions le seuil d’une baraque poussiéreuse et vermoulue, plongée dans une semi-pénombre, sentant aussitôt une ambiance « maison hantée ».

Il y avait un large escalier, comme dans les productions Warner des années 40. Nous l’avons emprunté prudemment, vu l’état des marches et l’avons gravi dans des grincements inquiétants. Alors qu’on était au beau milieu, des voix ont retenti à l’étage, des bruits de pas. Évidemment, nous avons tous pensé à la même chose ! Quoi de plus naturel que de voir surgir un fantôme dans un décor pareil ?

En fait de fantômes, trois hommes sont apparus et ont commencé à descendre les marches, tout aussi étonnés de nous voir là.

Celui qui ouvrait la marche était âgé, petit de taille, il portait un trench-coat sorti d’un film de Bogart et mâchouillait un énorme cigare. Il s'arrêta juste en face de moi, me surplombant d’une marche et me toisa. Il finit par ôter le cigare d’entre ses dents et me dit en anglais : « Vous êtes là pour des repérages, vous aussi ? », je lui ai répondu par l’affirmative. Il a ricané et a revissé le barreau de chaise entre ses dents : « Don’t waste your time, kid » m’a-t-il dit.

Puis il m’a contourné, suivi par ses deux assistants-factotums et a disparu. Comme un rêve de cinéma.

C'était bien sûr Sam Fuller, qui préparait son long-métrage « SANS ESPOIR DE RETOUR » et visitait à peu près les mêmes décors que moi ! Et il avait raison : le décor était inutilisable !

 

Ça n’a duré qu’une minute à tout casser, mais je revois encore sa silhouette menue, son air de ‘tough guy’, j’entends encore sa voix rocailleuse au milieu de cet escalier improbable.

On fait un beau métier, parfois…

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 18:24

PRATT EXPOPetite visite aujourd'hui à une vieille connaissance. Quelqu’un que je connais bien sans l’avoir jamais croisé.

Hugo Pratt, dont les aquarelles et de nombreuses planches originales sont exposées à la Pinacothèque de Paris. J’avais découvert « CORTO MALTESE » gamin dans l’hebdo « PIF GADGET » (et j’étais d'ailleurs le seul à aimer, parmi mes copains !) et des années plus tard, Philippe Manœuvre alors rédac-chef aux Humanoïdes Associés, m’avait commandé des traductions d’albums du maestro.

Tout le début de « PAROLE DE FLIC » est un clin d’œil à Pratt et c'est d'ailleurs ainsi que j’avais nommé Alain Delon dans le scénario : Daniel Pratt.

L’expo est instructive, émouvante. On s’aperçoit que des dessins noir & blanc qu’on connaît depuis des décennies ne sont pas aussi « lisses » qu’on le pensait : collages de rattrapage, traces de pinceau. Et surtout que Pratt dessinait sur un format étonnamment petit. Les planches de « LA BALADE DE LA MER SALÉE » par exemple, sont à peine plus grandes que dans l’album édité. Je ne sais pas pourquoi, je les avais toujours imaginé immenses…

C'est assez paradoxal de voir tous ces croquis de voyage, ces images de bateaux, de mouettes, de jolies femmes exotiques croquées en quelques traits, dans des salles sombres et sans fenêtres. Cela fait un peu penser à un papillon dans un bocal.

PRATT EXPO (1)

Quoiqu’il en soit, l’œuvre de Pratt dépasse le cadre de la BD et on pense plutôt à Jack London et Joseph Conrad…

 

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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 10:32

Peu de temps après le tournage de « MISTER FROST », il y a donc une vingtaine d’années, le producteur exécutif américain du film, R.P. Cohen avec qui j’avais noué des liens amicaux, était retourné à L.A. pour être directeur de production sur « ALL I WANT FOR CHRISTMAS », une comédie de Noël avec Lauren Bacall et Leslie Nielsen. Au téléphone, je lui dis combien j’aimais cet acteur totalement givré. Il était passé aux emplois comiques après trente ans de rôles sérieux (voire sinistres) grâce à « Y A-T-IL UN PILOTE DANS L’AVION ? » et surtout la série de 6 épisodes « POLICE SQUAD » qui avait marqué toute une génération comme celle des Nuls de Canal + par exemple. 

Quelques semaines plus tard, je reçus par courrier une enveloppe de R.P. (prononcer « Arpi ») contenant cette photo dédicacée par Mr Nielsen. Le seul et unique autographe que j'ai jamais possédé.

NIELSEN

J’allai même jusqu'à acheter sa fausse autobiographie « THE NAKED TRUTH », dans laquelle il réinventait sa carrière à coups de photomontages ridicules, de fausses interviews et affirmait son goût des coussins péteurs.

J’apprends ce matin la mort de Leslie Nielsen, à l’âge de 84 ans. Évidemment, d’un seul coup, il paraît tout de suite moins drôle… Putain d’année, quand même !

 

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 05:43

Je n’ai jamais travaillé avec Lino Ventura, qui arrivait à la fin de sa carrière quand à moins de trente ans, je démarrais seulement la mienne. Mais j'ai failli !

C'était en 1986. Le producteur André Djaoui avait acheté les droits d’un de mes scénarios intitulé « LE CAÏMAN » et qui était écrit pour un vieil acteur américain. Tombant dessus, Jacques Deray a « flashé » dessus et a convaincu tout le monde que ce serait un véhicule idéal pour « Lino » qui cherchait justement des sujets. Et c'est vrai qu'il était ce qu’on avait de plus proche en France, d’un acteur américain…LINO

Rendez-vous fut pris chez l’acteur, à Saint-Cloud. Je me retrouvai donc dans ce légendaire bureau dont pas mal d’auteurs et réalisateurs comme Dabadie ou Jardin ont parlé avec humour par la suite : il fallait raconter de vive-voix son « pitch » à Ventura. Ce qui n’était pas chose aisée, vu la personnalité intimidante du monsieur.

Il est arrivé, m’a broyé la main sans me regarder et a parlé tennis avec Deray pendant quelques minutes. Puis il s’est enfin tourné vers moi, m’a toisé avec un regard glacial à la… Lino Ventura et m’a simplement dit « Monsieur, je vous écoute ».

J'ai commencé à raconter sous les regards encourageants de Deray. Puis soudain, Ventura a commencé à faire « non » avec son index droit. Sans me lâcher des yeux. Juste « non ». Je me suis interrompu, mais il m’a fait signe de continuer.

C'est TRÈS déstabilisant de raconter un scénario quand quelqu’un avec la stature de Lino Ventura vous fixe, immobile comme une statue, excepté son index qui fait balancier !

Quand j'ai eu terminé, il a démoli mon histoire en quelques phrases cinglantes et nous a raccompagnés au portail. Inutile de dire en quelle estime je portais le « tonton flingueur » à ce moment-là.

Mais comme le destin fait parfois bien les choses, moins d’une semaine plus tard, je marchais dans une rue perpendiculaire aux Champs Élysées, quand subitement Lino Ventura est sorti de chez son couturier, les mains chargées de paquets. Je m’attendais à un nouveau regard revêche, mais en me reconnaissant, son visage s’est illuminé d’un grand sourire… à la Lino Ventura. Il m’a donné une tape sur l’épaule : « Vous ne m’en voulez pas pour l’autre jour ? Ce n'est pas après vous que j’en avais. On m’a dit que vous êtes un bon scénariste. On a toujours besoin de bons scénaristes. Je suis sûr qu’on se retrouvera bientôt sur un autre projet ». Puis il est parti, chaleureux et souriant.

Il est hélas, mort quelques mois plus tard. Mais je suis vraiment content de l’avoir croisé ce jour-là. Je n’aurais pas aimé rester sur la première impression. La seconde était certainement plus proche du vrai M. Ventura.

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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 17:23

L’autre jour, en voyant Alan Bates dans un de ses derniers films « LA PROPHÉTIE DES OMBRES » où il avait un petit rôle d’illuminé, je n’ai pu m’empêcher de sourire en me BATES K7souvenant d’un plan que nous avions tourné dans « MISTER FROST » et qui provoqua un fou-rire inoubliable sur le plateau.

Dans la scène, Mr. Frost était arrêté et le flic Alan Bates trouvait une K7 vidéo (oui, à l’époque c'était encore des K7 !) contenant les atrocités commises par le serial killer et qu'il avait filmées en guise de trophée.

La caméra partait d’un gros-plan de la K7 et montait rapidement dans un mouvement de grue jusqu'au visage d’Alan en très gros-plan. Après une répétition où il joua du sourcil et trembla légèrement pour marquer son émotion, je lui dis que le plan était tellement serré qu'il était inutile de faire quoique ce soit. L’intensité du regard suffirait amplement.

Nous avons multiplié les prises, mais Alan faisait TOUJOURS quelque chose. Un frémissement de narine, une déglutition, un plissement d’yeux, un gros soupir. À chaqueBATES K7 (1) fois que j’allais vers lui pour lui dire d’en faire moins, il me faisait signe qu'il avait compris, que la prochaine serait la bonne.

Eh bien, Alan Bates n’a jamais réussi à ne RIEN faire ! Cela lui était impossible. Il avait l’impression de ne pas jouer. Dans le film, nous avons monté la prise la plus « sobre ». Mais si on regarde bien, il fait tout de même quelque chose.

Le soir, en quittant le tournage, Alan me dit qu'il avait beaucoup appris, ce jour-là… Et qu'il allait y travailler.

C'était quelqu’un de très sympathique, Alan Bates…

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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 15:15

Klaus Kinski est devenu aujourd'hui un acteur-culte, dont les internautes traquent les crises de colère sur YouTube ou Dailymotion (il y en a une particulièrement gratinée, avec une intervieweuse allemande). Je l’avais découvert au lycée, grâce à « AGUIRRE, LA COL­ÈRE DE DIEU » un de mes films-phares, qui fut suivi la même semaine de « L’IMPORTANT C'EST D’AIMER ». Choc culturel inévitable.

Aussi, quand en 1979, les éditions PAC proposèrent au jeune journaliste de 22 ans que j'étais, d’écrire un bouquin sur Kinski, me ruai-je sur l’affaire. L’acteur habitait Paris à l’époque, et enchaînait les films d’auteur plus ou moins bizarroïdes. Il me donna un premier rendez-vous dans un hôtel, rue des Beaux-Arts, qui se trouve être le décor où il apparaît pour la première fois dans « L’IMPORTANT C'EST D’AIMER » ! Le télescopage fiction-réalité était déjà enclenché…

Kinski se montra très sympathique avec moi, surtout désireux en fait, que ce livre soit entièrement dédié à sa gloire. On se vit pas mal, pendant un an, il me fit découvrir la nourriture japonaise – encore rare, à l’époque, me promena dans son énorme Range Rover rouge, où il passait à tue-tête « I’m sailing » de Rod Stewart, jusqu'à plus-soif.

Kinski, c'était un concentré de comédien : égocentrique, jouant les artistes maudits, mais capable d’un humour ravageur, et de vrais élans de générosité. Il parlait très bien le Français, mais germanisait quelques expressions. Ainsi « Va te faire foutre » (qu'il employait fréquemment !) devenait dans sa bouche « Va faire te foutre », ce qui m’a toujours ravi.

Quand le livre fut prêt, il profita de mon absence de Paris pour quelques jours, pour aller voir l’éditeur, et s’attaquer au manuscrit. Il coupa, rajouta, censura, biffa,  changea la couverture, malgré tous les problèmes que cela posait par rapport aux libraires.

Le résultat ne me ravit évidemment pas, mais nous restâmes en bons termes, jusqu'à son départ pour les U.S.A., où il entama une énième carrière dans la série B. Quelques années plus tard, PAC lança une collection de poche, et j’en profitai à mon tour, pour réparer l'outrage, et réécrire complètement le livre, même si j’avais cessé d’être journaliste depuis longtemps. C'est une petite bio succincte, mais au moins, celle-là, je pouvais l’assumer.

Kinski restera une rencontre importante, car c'était la première vraie star que je côtoyai, et il me permit d’appréhender ce qu’était réellement un acteur, et vraiment, après lui, tout le monde m’a paru extrêmement simple et gérable. Je lui en suis très reconnaissant.

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 08:12

Quelque temps après la sortie de « MISTER FROST », j'ai rencontré le producteur Jacques Dercourt de TéléCip, qui me proposait d’écrire et réaliser un épisode de la série « COUP DE FOUDRE / LOVE AT FIRST SIGHT », une copro avec la BBC, dont le directeur de collection était Erich Segal, l’auteur de « LOVE STORY ». Seules contraintes : le scénario devait comporter une histoire d’amour, et l’histoire devait se dérouler à Tanger. J’optai évidemment pour un polar, et écrivis rapidement la rencontre d’un ex-mafieux exilé au Maroc, où il baladait les touristes dans son bateau, et d’une tueuse à gages chargée de l’éliminer.
« LADY HIT / LES SCORPIONS DE TANGER » était tourné en Anglais, et la grosse difficulté fut de trouver un acteur américain, à la fois assez charismatique et financièrement abordable, pour partir sur un 26 minutes, au pied-levé. James Coburn, Kris Kristofferson et surtout Roy Scheider, furent évoqués, mais se révélèrent beaucoup trop chers, aussi ai-je eu l’idée de Robert Vaughn, une des idoles de ma jeunesse, grâce à ses rôles dans « LES 7 MERCENAIRES » et la série « DES AGENTS TRÈS SPÉCIAUX », où il jouait l'espion Napoléon Solo. Il accepta immédiatement, car sa motivation première était de visiter le Maroc !

Autour de lui, je réunis Ingrid Held, Charley Boorman dans un rôle d’apprenti-tueur, et Venantino Venantini dans un emploi proche de celui de Walter Brennan auprès de Bogart dans « LE PORT DE L’ANGOISSE ».

« Bob » Vaughn fut une plaisante rencontre, un monsieur ultra-professionnel, capable dès le matin, de nous dire à la minute près à quelle heure nous allions finir le soir. Il ne se trompait jamais, ne répétait jamais, parlait peu, et dormait énormément entre les plans. Une sorte de machine à tourner extrêmement rodée, mais qui s’animait quand – en vieux fan – je m’installais à côté de lui, pour lui parler de ses films, de Steve McQueen, etc. Charley était aussi fan que moi, et un jour, à la cantine, en regardant Vaughn, nous nous dîmes que c'était un peu comme déjeuner au côté de Mickey ! En gros, nous n’en revenions pas. C'est drôle, Jeff Goldblum ou Alan Bates ne m’avaient pas fait cet effet-là…

Le tout premier personnage de BD que j’avais créé et dessiné dans « MÉTAL HURLANT », je lui avais donné les traits de Robert Vaughn. Cela ne fit qu’accentuer la sensation d’irréalité que j'ai ressentie en travaillant avec lui.

Un soir que nous tournions un travelling sur une plage, une scène d’amour avec Ingrid Held, nous nous aperçûmes après plusieurs prises, qu’un gamin du coin était resté dans le champ, depuis le début, tout au fond, et qu'il observait le tournage. Fallait-il tout recommencer ? Je décidai que non, la silhouette lointaine s’inscrivait très bien dans le plan. À ce moment, Robert Vaughn m’adressa un clin d’œil, et dit : « French movie, eh ? ».

« Bob » avait presque soixante ans, à l’époque, et se sentait un peu en fin de parcours. Je fus très content de voir que des années plus tard, il a connu un regain de succès avec la série « LES ARNAQUEURS VIP ».

Ingrid Held rappelle à Charley Boorman qui est le patron, sur une terrasse de Tanger.
 Engueulade entre "Bob" et Venantino, avec entre eux, une ombre de perche.


Un travelling très hollywoodien sur une plage marocaine, avec "Bob" Vaughn.

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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 09:18

C'était en 1980, et Charlton Heston alors âgé de 57 ans, était passé à Paris, pour la tournée promotionnelle de son nouveau film « LA MALÉDICTION DE LA VALLÉE DES ROIS », un film d’horreur tourné en Égypte – et que je n’ai jamais vu – et il donnait ses interviews à la chaîne, au bar de l’hôtel George V.

À l’époque, j’avais signé quelques caricatures pour le journal « L’Écran Fantastique », et sachant que je faisais un peu de photo, le rédac-chef Alain Schlokoff m’avait demandé si je pouvais l’accompagner pour sa rencontre avec Ben-Hur, et immortaliser l’évènement.
J’étais arrivé un peu en avance, et depuis ma table du bar, j’observai Heston, passant de table en table, saluant les journalistes, répondant aux questions. Exactement de la même façon, avec les mêmes anecdotes, il riait au même moment : une machine parfaitement huilée. Le « pro » à l’Américaine dans toute sa splendeur.

Après l’interview, je suis monté avec lui sur le toit de l’hôtel. Il bruinait, mais Charlton Heston n’a pas bronché, et a pris la pose. En quelques mimiques, quelques regards, il a fait son Charlton Heston, j'ai mitraillé, on a parlé deux minutes de la pluie (en l’occurrence) et du beau temps, et il est passé à l’interview suivante.

C'est la seule photo qu'il me reste de ce jour-là : Moïse en costume, sur un toit parisien, sous la pluie.

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31 juillet 2009 5 31 /07 /juillet /2009 18:20

Un beau jour de 1999, je reçois un coup de fil d’une amie productrice, Annick Larboulette (sur la photo avec "Rodgeur"), qui est à Monaco. Elle doit tourner le surlendemain des séquences d’une nouvelle série américaine « THE DREAM TEAM » et la réalisatrice française prévue pour le job est partie. Pouvais-je la remplacer au pied-levé, partir dans l’heure, sans même savoir de quoi il retournait ? Une semaine de tournage était sur le pointDREAM TEAM photos annick (1) de démarrer… Bien évidemment, j’acceptai, vu que je devais diriger rien moins que… Roger Moore !

La série était en fait une sorte de « DRÔLES DE DAMES » revisitée, avec trois héroïnes top models-espionnes (déjà, ça le fait…) et Moore dans le rôle de Desmond Heath, leur « Charlie ». À part que lui, on ne faisait pas qu’entendre sa voix, on le voyait à travers l’écran d’un ordinateur.

J’étais donc supposé enchaîner les séquences concernant ce personnage et uniquement lui, pour les douze premiers épisodes, pendant que le gros du tournage se déroulait au Mexique.

La première bonne surprise, fut que le directeur photo engagé par la production était le grand Ricardo Aronovich, dont j’adorais le travail particulièrement sur « L’IMPORTANT C'EST D’AIMER », un de mes films-culte.

Il y avait des tartines de texte à enquiller et par définition, personne pour donner la réplique. Aussi fit-on venir de Londres un prompteur avec la technicienne attitrée, la très pétulante Siobhan.

Côté mise en scène, c'était rudimentaire : il s’agissait de filmer Roger Moore assis en train de parler à la caméra. Et comme ne cessait de me le répéter Bob Janes, le producteur américain délégué sur le tournage : « Just keep it simple », sans doute effrayé que je me mette à faire du « film d’auteur à la Française », « French didactic bullshit », comme ils disent aimablement…

Roger lui-même se révéla un gentleman charmant, très urbain, faisant son travail sans râler, sans poser de question, content d’être là.

N’ayant jamais été un fan de son 007, je ne ressentais pas la même excitation qu’en dirigeant une idole de mon enfance comme Robert Vaughn, par exemple, mais cela faisait tout de même quelque chose de le voir débarquer le matin en smoking, le sourcil levé, sur le plateau. La semaine se passa fort bien, sans être palpitante (« Keep it simple ») et on remit cela quelque temps plus tard, pour une autre série d’épisodes.

Je n’ai jamais vu les rushes de ce que nous avons tourné, je ne sais pas ce que sont devenus ces épisodes… Ces deux semaines de « mise en boîte » (plutôt que de tournage) me laissent une sensation de rêve éveillé, presque irréelle.

Roger Moore a depuis écrit ses mémoires et mentionne brièvement « THE DREAM TEAM ». La seule chose qu'il en ait apparemment retenu, c'est que sa femme est tombée devant son hôtel, se faisant très mal, pendant qu’on tournait et qu'il en a été traumatisé !

Moi, en me concentrant bien, je crois me souvenir surtout du plaisir de la compagnie de M. Aronovich et de son humour pince-sans-rire. Et d’un déjeuner surréaliste à bord d’un yacht, avec Brett Sinclair qui parlait avec passion du prix de l’immobilier à Monte Carlo.

DREAM TEAM photos annick

Rodgeur en grande discussion avec Bob Janes, le producteur américain de la série, à Monte Carlo.

 

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